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L'UFICT, le syndicalisme CGT spécifique aux cadres.

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Pour un management alternatif

5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 13:11

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C’est un événement inhabituel qui s'est déroulée durant toute la journée de mercredi 29 janvier et dans la soirée.

En effet, la CGT, la FSU et Solidaires, ainsi que l’Unef, l’UNL et la FIDL vont lancer une campagne commune pour combattre les idées d’extrême droite. Et ils sont décidés de le faire en jouant leur rôle d’organisations syndicales, estimant que l’extrême droite prospère sur le terrain de la désespérance sociale et des promesses non tenues.

Sa progression n’est pourtant pas inéluctable. Il est de la responsabilité du syndicalisme de mettre les salariés en garde contre l’imposture sociale du Front National. Il est de la responsabilité du syndicalisme de combattre la stratégie de ceux qui cultivent le rejet de l’autre et la division des salariés, pour mieux cacher leur incapacité à tracer des perspectives d’avenir et de justice sociale.

Les idées et l’influence de l’extrême droite, et particulièrement du Front national, impactent le monde du travail et par conséquent le mouvement syndical. Pas seulement parce que le parti de Le Pen tente de noyauter les syndicats ou tente d’exister en tant que syndicat, mais aussi parce que les idées nauséabondes se diffusent, se banalisent.

Les racistes, les homophobes s’expriment sans complexe comme on l’a encore vu chez SFR à Massy le 7 janvier lorsqu’un tract homophobe a été diffusé anonymement.

Dans ce contexte, citons l’action de l’Ufict-Cgt Mines Energie qui a décidé d’ouvrir le débat sur les idées racistes non seulement auprès des cadres et maîtrises, mais en commençant par les syndiqués eux-mêmes. Elle le fait dans un contexte où de plus en plus de salariés issus de l’immigration sont embauchés. Dès lors quelle place peuvent-ils prendre dans l’entreprise mais aussi dans notre syndicalisme CGT, s’ils se sentent discriminés ou stigmatisés ? Etre le syndicat de tous ne va pas de soi… ça se travaille, ça se discute.

Première étape de cette campagne : un meeting (avec la participation des premiers responsables de chaque organisation) dans les locaux de la CGT à Montreuil, le 29 janvier prochain à partir de 19h30 au terme d’une journée de débats et de réflexion dans les locaux de la bourse du travail de Paris. Ce meeting sera retransmis en direct sur le site de la CGT.

Voir le dossier spécial « Extrême droite, l’imposture sociale »

Voir les vidéos du meeting du 29 janvier:

http://aful.cgt.fr/aful/stream/stream-vod.php?id=meeting-20140129&flux=externe&apple=0  

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 18:34
Retraites : les études doivent compter ! (tract d'appel au 18 septembre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le projet de réforme des retraites annoncé par le gouvernement poursuit les réformes précédentes : allongement de la durée de cotisation et chute du niveau de vie des retraités. En actionnant les mêmes mécanismes, cette réforme aura pour conséquence une baisse générale du niveau des pensions et la fin effective du droit à la retraite à 60, ou même 62 ans.

 

Téléchargez le tract en pdf

icon Retraites : les études doivent compter ! (113.01 KB)

 

Une baisse programmée de votre retraite

27 ans : c’est en effet l’âge moyen d’obtention du 1er CDI en raison de l’allongement de la durée des études et des périodes de précarité et de chômage. Donc, retarder l’âge de départ en retraite revient à éloigner la perspective d’une retraite à taux plein. Vous n’y croyez pas ? Essayez le calculateur officiel de la réforme ! (voir notre article "Le simulateur ministériel qui se moque de vous")

De fait, la plupart des personnes ayant fait des études partiront à la retraite entre 65 et 67 ans, alors même que notre pays bat des records de chômage et de précarité aux deux extrémités de la carrière, pour les seniors et pour les jeunes actifs.

Intégrer les années d’études et de stage

 Le gouvernement affiche des mesures sur trois sujets sur lesquels la CGT insiste depuis plus de 20 ans : la pénibilité, l’égalité entre les femmes et les hommes, et la jeunesse. Mais aucune opération de communication ne remplacera la qualité réelle du contenu des propositions. Nous avons obtenu la prise en compte des périodes d’apprentissage dans le calcul de la retraite, mais ce n’est pas suffisant pour répondre aux problématiques de la majorité des jeunes.

Aussi, le projet de loi prévoit un tarif « préférentiel » de rachat des années d’études sous réserve de le faire dans les premières années de carrière professionnelle. Avec l’aide annoncée pour racheter une année de cotisation, un jeune devrait débourser environ 7200 euros… Qui a cette somme de côté en début de carrière ?

Faire des études n’est pourtant pas un luxe, c’est une nécessité ! Au delà des entreprises, c’est toute l’économie et la société qui bénéficient de l’élévation du niveau général des qualifications. En attendant, c’est toujours la même génération qui se retrouve privée de droits sociaux.

Plus qualifiés, moins reconnus par le salaire et les évolutions de carrière, connaissant des conditions de travail et d’insertion plus difficiles, on demande aux diplômés les plus jeunes d’être une source d’économies pour les employeurs et pour la protection sociale. C’est ça, le sens du travail ?

La CGT demande

-       la prise en compte de toutes les années d’études réussies dans le calcul des droits à la retraite.

-       La prise en compte des périodes de stage et la règlementation des stages pour mettre fin aux emplois déguisés

-       La prise en compte de toutes les périodes de chômage dès la première inscription à pôle emploi

Les moyens existent déjà !

Le gouvernement ne peut pas faire des économies sur le dos des jeunes et les employeurs doivent être mis à contribution pour financer le droit à la retraite pour tous.

Renforcer le système de retraites solidaire par répartition et donner confiance aux jeunes actifs cela passe par de vraies politiques d’emploi et de salaires, mais aussi par des nouvelles sources de financement des retraites :

-       grâce à la contribution les revenus financiers des entreprises, au même niveau que les cotisations assises sur le travail,

-       grâce à l’élargissement de l’assiette des cotisations à l’ensemble des rémunérations (primes, intéressement, participation…)

-       grâce à la modulation de la cotisation des employeurs en fonction de la part des salaires dans la valeur ajoutée et en fonction de leur politique d’emploi et de salaires.

La CGT et son UGICT appellent les jeunes salariés à se mobiliser avec 17 organisations de jeunesse le 18 septembre 2013, jour du Conseil des ministres, pour contraindre le gouvernement de revoir sa copie sur les retraites, notamment en y inscrivant de nouveaux droits sociaux pour les jeunes.

Stagiaires, mais pas trop ?

Dans son projet de loi sur la retraite le gouvernement compte valider les périodes de stages effectués dans le cadre de la formation professionnelle. Cette validation ne concernera que les chômeurs effectuant un stage.

S’il est légitime de prendre en compte les stages des demandeurs d'emploi, alors pourquoi ne pas faire de même avec les stages pendant les études ? Dans un consensus général, il est reconnu que ces stages sont formateurs, utiles à l'obtention des diplômes, contribuent à la dynamique de l'entreprise et permettent une insertion professionnelle plus aisée. D'ailleurs, si un stage précède une embauche, il est normalement pris en compte dans la période d'essai.

Il est donc temps d'aller plus loin, la formation tout au long de la vie ne doit pas être un titre creux. Toutes les périodes de formation doivent être intégrées, sans distinction et sans discrimination, et même si ces stages sont découpés dans le temps.

 

Je signe la pétition du collectif « La retraite une affaire de jeunes » pour la prise en compte des années d’études et de stage
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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 18:32

La vie quotidienne faite de privations est plus douloureuse pour les femmes. En attestent le baromètre pauvreté Ipsos-SPF 2013 ou les témoignages recueillis lors de la campagne pauvreté.


Partout, la pauvreté gagne du terrain. Et partout les femmes seules avec enfant(s) sont en première ligne, elles doivent lutter au quotidien ne serait-ce que pour tenir la tête hors de l’eau.

Avoir un travail ne les met même pas à l’abri, car le plus souvent il s’agit de temps partiel non choisi, d’emplois précaires ou sous-payés. La vie devient un réel parcours du combattant, qu’elles affrontent sur fond d’éclatement de la famille. La pauvreté des enfants s’aggrave...
Secours populaire -  baromètre IPSOS/Secours populaire - 2013-09-05

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 19:26


Retraites: «dégradation des pensions», selon la... par 20Minutes

 

A sa sortie de Matignon le lundi 26 aout 2013, Thierry Lepaon, Secrétaire Général, a réaffirmé la position de la CGT en faveur d'un taux de pension garanti correspondant à 75% du dernier salaire net, et confirmé la demande de prise en compte des années d'études dans le calcul des retraites afin que les jeunes diplômés ne soient pas pénalisés par une retraite très tardive ou un faible niveau de pension en raison de leur date d'arrivée sur le marché du travail.

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 19:24

13 fiches pour décrypter la réforme des retraites

 

Ce document a été publié par la CGT le 27 août 2013, juste avant les annonces du Premier Ministre. Pour voir la réaction de la CGT à ces annonces et l'appel à la mobilisaiton le mardi 10 septembre 2013, voir le communiqué "Une réforme qui pénalise les salariés et les jeunes"

Sommaire

  1. La retraite à 60 ans, un sujet toujours d’actualité
  2. Allongement de la durée de cotisation
  3. Calcul des pensions
  4. Garantir un bon niveau de pension
  5. Reconnaître la pénibilité
  6. Corriger les inégalités femmes-hommes
  7. Droits familiaux
  8. Jeunes et retraite
  9. Validation des années d’études
  10. Validation des périodes de précarité
  11. Financement
  12. « Coût du travail » et coût du capital
  13. Maison commune des régimes de retraite
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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 19:17

info-retraites-2013-web

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 22:36

Invitée aux Universités d'Eté du PS, Sophie BINET (membre du Bureau Confédéral de la CGT et du Bureau National de l'UGICT) est intervenue sur la problématique de l'égalité entre les femmes et les hommes en abordant les thématiques du travail, de l'emploi, des salaires, et bien entendu, la question centrale de la réforme des retraites, interpellant ainsi directement Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales.

 Je vous remercie de m'avoir invitée et je suis très honorée que la CGT puisse intervenir sur la situation des femmes. D'abord parce qu'il semble que les syndicalistes se font un peu rares cette année à la Rochelle, et ensuite car la question des femmes est pour nous la meilleure porte d'entrée pour parler des retraites, qui plus est en présence de la ministre des affaires sociales. Comme il y avait déjà trop d'organisations syndicales à la table ronde sur les retraites, j'imagine que c'est la raison pour laquelle vous nous avez réservé celle sur les femmes. Je vous remercie donc de votre invitation.

L'intitulé de cette table ronde est bien choisi, parce que s'il est un sujet sur lequel le combat n'est pas terminé, c'est bien celui des femmes, notamment en matière d'égalité professionnelle. Et contrairement à ce que l'on entend parfois, l'inégalité professionnelle entre les femmes et les hommes n'est pas seulement la conséquence de l'inégale répartition des tâches ménagères et de la maternité, mais aussi la cause. Bien sûr, il y a des habitudes culturelles qui font qu'il est rare qu'un homme prenne un congé parental pour élever ses enfants. Mais il y a aussi des choix financiers. Tant qu'il sera économiquement plus rentable pour un couple que la femme s'arrête de travailler à la place de l'homme, on n'arrivera pas à un partage plus équitable. Pour la CGT, la question de l'égalité salariale est donc centrale. Nous avons la chance que la Ministre du droit des femmes souhaite utiliser son projet de loi pour combattre les inégalités professionnelles, l'enjeu est donc d'identifier les leviers à actionner.

Les leviers pour agir sur l'égalité salariale

Sur les salaires, on est en plein paradoxe. Les femmes sont maintenant plus diplômées que les hommes, 6 lois successives sont venues affirmer le principe de l'égalité salariale, pourtant, il y a toujours en moyenne 27% d'écart salarial entre les femmes et les hommes. Pire, cet écart est stable depuis 20 ans.

Ceci s'explique parce que les lois successives n'ont pas été toutes effectivement appliquées, mais aussi parce qu'elles n'agissaient pas là où il fallait. Grâce aux batailles féministes, l'opinion est majoritairement convaincue qu'il y a une inégalité de rémunération entre les femmes et les hommes et que cette inégalité est inacceptable. Par contre, les 27% d'écart restent abstraits, on ne sait pas ce que cela recouvre.

Pour déterminer les bons leviers d'action, il est nécessaire d'analyser en détail les raisons des écarts de rémunération. Il y en a principalement trois :

1- le temps partiel,

2- le cantonnement des femmes dans des métiers féminisés

3- ce que l'on pourrait appeler de la discrimination pure.

Le temps partiel d'abord: 85 % des salariés à temps partiel sont des femmes. Les dispositions de la loi dite de « sécurisation de l'emploi » ne permettront malheureusement pas de changer la donne. La CGT propose donc que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités et légifèrent dès la fin des négociations sur le temps partiel, début 2014, pour faire cesser la discrimination dont sont victimes les femmes.

Une fois retiré les salariés à temps partiel, si on ne compare que les salariés à temps plein, l'écart salarial reste de 19% en moyenne.

J'en arrive au deuxième facteur de discrimination : la ségrégation des femmes dans des emplois à faible salaire, qui ne prennent pas en compte les qualifications. Pour le dire autrement, on est face à un problème de classifications. Les classifications, c'est ce qui définit les grilles de salaire. C'est là que se joue l'essentiel des inégalités salariales, et pourtant, c'est l'angle mort des politiques publiques. Les stéréotypes font que les femmes sont concentrées dans les secteurs de l'éducation, de la santé et du social, sur des emplois, qui correspondent aux compétences présumées naturelles pour les femmes : l'organisation, le relationnel, les métiers en lien avec les enfants ou les personnes âgées...Et ces compétences ne sont justement pas reconnues puisqu'elles sont considérées comme des qualités naturellement féminines. C'est cela qui explique que les ouvriers sont en moyenne mieux payés que les employées, que les diplômes d'écoles d'ingénieurs sont mieux reconnus que ceux de lettres et sciences humaines, que les salaires sont plus élevés dans l'industrie que dans le tertiaire...

Pour ouvrir le chantier des grilles de salaires, il faut imposer une renégociation des classifications dans les branches professionnelles. D'ailleurs, il nous faut aussi balayer devant notre porte, car souvent les équipes syndicales ne sont pas assez formées et combatives sur ce sujet. La mixité dans les métiers est aussi déterminante, c'est pour cela qu'il est fondamental de former les enseignants sur l'égalité femme/homme. Pour agir sur les classifications, il est nécessaire de regarder tout débat salarial avec les lunettes du genre, en ayant en ligne de mire la situation des femmes et des hommes: alors que les femmes représentent 62% des fonctionnaires, augmenter le point d'indice dans la fonction publique, le salaire des enseignants, ou encore supprimer le système de primes qui discrimine directement les femmes permettrait mécaniquement de faire baisser les inégalités salariales...Vous voyez que les revendications salariales de la CGT sont toutes très féministes...et très raisonnables bien sûr d'ailleurs.

Troisième cible pour agir, mettre fin à la discrimination pure qui explique 7 % à 10% des écarts de salaires femmes/hommes. C'est-à-dire que toutes choses égales par ailleurs, ancienneté, diplôme, responsabilité, poste...une femme est payée en moyenne 7 à 10% de moins qu'un homme. La persistance de cette discrimination, malgré les textes règlementaires, doit conduire à donner aux femmes de nouveaux droits pour faire respecter la loi. La CGT propose donc de mettre en place un système d'action de groupe pour les femmes, à l'image de celui prévu pour les consommateurs dans le projet de loi consommation. Cette action de groupe permettrait que l'avancée obtenue par une femme puisse profiter à toutes celles qui sont dans la même situation. Elle serait particulièrement efficace pour lutter contre les inégalités qui pénalisent le déroulement de carrière des femmes. Cette action de groupe constituerait le levier le plus puissant pour faire enfin de l'égalité professionnelle une réalité.

J'en arrive aux inégalités en matière de retraite, conséquence directe des inégalités salariales et des interruptions de carrière du fait des enfants. Les chiffres sont connus : les femmes touchent en moyenne une retraite 40% inférieure à celle des hommes, 2 retraités pauvres sur 3 sont des femmes. Cette situation a malheureusement été amplifiée par les réformes des retraites depuis 1993, qui ont eu pour conséquence une baisse des pensions et un départ plus tardif en retraite, en particulier pour les femmes.

Pour arriver à l'égalité femme/homme, il est donc nécessaire d'évaluer toute réforme avec les lunettes du genre, et d'en mesurer l'impact spécifique pour les femmes. C'est le sens de la création du ministère des droits des femmes, et c'est la raison pour laquelle la CGT l'a salué. Et sur le dossier des retraites, son approche ne pourra pas se limiter aux mesures de rattrapage des inégalités, les mesures de droits familiaux, qui ne jouent qu'à la marge. C'est bien l'ensemble du modèle qu'il faut interroger.

Retraites : garantir l'égalité et le niveau des pensions

Le modèle qui a servi de base à la construction des retraites est celui de l'homme au travail et de la femme au foyer. Contrairement à ce que l'on entend parfois, les femmes ne sont pas à classer dans la case « diversité », elles constituent la moitié du salariat. Surtout, le modèle progressiste que nous voulons c'est celui où les hommes comme les femmes s'investiraient dans les tâches domestiques et l'éducation des enfants. Cela signifie que la durée travaillée sera plus proche de celle des femmes que de celle des hommes. La réflexion sur les retraites doit donc se baser sur la situation des femmes.

Pour la CGT, il y a une contradiction majeure à vouloir agir pour les femmes - comme pour les jeunes d'ailleurs - tout en allongeant la durée de cotisation. L'argument de l'augmentation de l'espérance de vie, présenté comme une évidence, mérite d'être discuté. D'abord, peut-être faudrait-il plutôt se baser sur l'espérance de vie en bonne santé, qui elle, pour la première fois, baisse, et s'établit en moyenne à 62 ans, soit avant le départ en retraite. Surtout, malgré les réformes successives, le nombre d'annuités cotisées par les salariés n'a pas augmenté, et s'établit à 36 anuités pour les femmes et 39 pour les hommes. L'allongement de la durée de cotisation ne se traduit donc pas par une augmentation de la durée travaillée mais par une baisse des pensions, qui pénalise d'abord les femmes. Ajoutons qu'allonger la durée de cotisation jusqu'à 44 ans rapporterait, selon le rapport Moreau, seulement 2 milliards en 2030. Alors que nous avons déjà un des systèmes de retraite les plus durs d'Europe, est-ce vraiment une mesure indispensable ? Alors que le pays compte 5 millions de chômeurs, faut-il travailler plus, ou au contraire, comme la gauche l'a fait en 1997, partager le travail ?

Pourquoi ne pas actionner le levier qui dégage le plus de rendement (toujours selon le rapport Moreau), l'augmentation des cotisations ? Pourquoi justement, alors que le gouvernement s'est donné comme objectif de mettre fin aux inégalités salariales, ne pas utiliser l'augmentation de salaire des femmes pour financer les retraites ? En effet, un salaire plus élevé, signifierait que les femmes cotiseraient d'avantage, ce qui permettrait (selon la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse) de dégager 10 milliards de ressources supplémentaires en 2020.

Entre 1970 et 1990, en pleine crise économique, nous avons réussi à augmenter régulièrement le montant des cotisations. En 1981, alors que l'espérance de vie augmentait fortement, François Mitterrand a mis en place la retraite à 60 ans. Pourquoi aujourd'hui ne pourrions-nous pas financer une réforme progressiste des retraites?

Pour conclure, nous souhaitions, à la CGT, répondre à la commande de François Hollande, et imaginer la France de 2025.

Pour la CGT, en 2025, les entreprises auront cessé de discriminer les femmes par les salaires parce que l'obligation leur aura été assignée par la loi, dès aujourd'hui, dès 2013.

En 2025, le système de retraite sera financé et les femmes bénéficieront des mêmes droits que les hommes, parce que dès 2013, nous aurons construit la réforme des retraites à partir de la situation des femmes.

Enfin, en 2025, les femmes et les hommes assumeront chacun 50% des tâches ménagères parce que dès 2013 la loi aura préparé le changement des mentalités, en revalorisant financièrement le congé paternité et le congé parental.

Je vous remercie de votre attention.

[Texte de l'intervention de Sophie Binet le samedi 24 aout 2013. La Rochelle . Seul le prononcé fait foi]

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 20:46

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 20:15

Cette synthèse est basée sur le travail de Christiane Marty, membre d’ATTAC et de la fondation Copernic, que vous pouvez télécharger ici.

La question des retraites illustre de façon très claire les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes. En 2009, le salaire des femmes représentait 75% de celui des hommes, proportion qui n’a pas bougé depuis vingt ans. En 2011, les pensions de droits directs des femmes représentaient 58% de celles des hommes. Merci qui ? Merci aux inégalités de salaires, à leurs carrières plus courtes, à la prise en charge des enfants et au temps partiel qui est encore très majoritairement féminin.ps Merci surtout au manque sidérant de volonté politique pour lutter contre tous ces facteurs.

Il y a 70 ans, le modèle des retraites a été conçu en plaçant l’homme comme soutien de la famille, travaillant à temps plein. Il n’a pris en compte ni les carrières en dents de scie des femmes, ni la précarité qui s’étend de plus en plus aux hommes également, mais d’abord aux femmes. Certes, quelques dispositifs ont tenté d’améliorer les pensions des femmes, comme les droits liés aux enfants, l’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) ou les pensions de réversion. Mais en 2008, les pensions des femmes ne représentaient encore que 72% de celles des hommes.

L’écart des pensions s’est réduit suite à la réduction des inégalités salariales et à l’entrée des femmes dans le marché du travail. En 2004, les femmes avaient 20 trimestres de moins que les hommes, c’est-à-dire 5 annuités de moins. En 2011, l’écart s’est réduit à 11 trimestres : sur l’ensemble des personnes en retraites, les carrières des femmes valaient 58% de celles des hommes. En revanche, quand on ne prend en compte que celles qui sont parties en retraite cette même année, l’écart monte à 68%. Car les réformes mises en place depuis 20 ans (1993, 2003 et 2010) ne cessent de contrarier cette pente vers l’égalité.

Cette décote qui dé-tri-cote :

Instaurée en 1993 pour le régime général, et étendue en 2003 au secteur public, la décote intervient si la durée de carrière validée est inférieure à la durée exigée pour la retraite. En gros, c’est un abattement de 5% par année manquante. Exemple : si la durée validée est de 38 ans, et que celle exigée est de 41 ans, il manque trois années qui entraineront une baisse de 15% du montant de la pension.

En 2008, la décote a frappé 9% des femmes et 6% des hommes qui sont partis cette année. Elle représente 12 trimestres (3 ans) pour les femmes et 9 trimestres (2,25 ans) pour les hommes.

L’allongement de la durée de cotisation, actée en 2003, a particulièrement pénalisé les femmes qui ont des carrières plus courtes. En 2008, les femmes parties en retraites ont validé 2,75 ans de moins que les hommes. 60% d’entre elles a validé une retraite complète, contre 77% des hommes. Pour ne pas subir de décote, beaucoup préfèrent attendre quelques années avant de partir à la retraite, sans forcément avoir accès à l’emploi.

Depuis 1993, le passage des 10 aux 25 meilleures années de carrière (dans le privé) pour déterminer le salaire à prendre en compte pour calculer la pension, a également pénalisé les carrières courtes (donc celles des femmes), puisqu’on pioche dans un lot plus large qui inclue les années de galère, des petits boulots et des petits salaires.

L’indexation des salaires pris en compte pour le calcul de la pension, sur le prix et non plus sur les salaires, a également entrainé la baisse des pensions, car les salaires augmentent plus vite que l’inflation. L’évolution des pensions ne suivra donc pas celle des salaires, et l’écart se creusera entre le pouvoir d’achat des salariéEs et celui des retraitéEs, ainsi qu’entre les retraitéEs selon l’année de leur départ. Le taux de pauvreté des retraitéEs est ainsi passé de 8,5% en 2004 à 10% en 2010, surtout pour les plus âgéEs, avec une surreprésentation des femmes isolées.

La commission européenne a elle-même reconnue « que la paupérisation menace les retraités, et que les femmes âgées constituent un des groupes les plus exposés au risque de pauvreté ».

Les droits indirects :

En 2003, la majoration de durée d’assurance (MDA) accordée au titre des enfants pour le secteur public, a été réduite. Les mères fonctionnaires furent les premières victimes de cette mesure, vu qu’elles bénéficiaient d’une MDA d’un an par enfant. Depuis 2003, elles ont gardé la majoration pour les enfants nés avant 2004 alors qu’elles étaient déjà fonctionnaires. Pour les enfants nés après 2004, la MDA est remplacée par une validation des périodes d’interruption ou de réduction d’activité. Ainsi, les femmes qui n’ont pas interrompu leurs carrières n’ont eu droit qu’à 6 mois liés à l’accouchement, au lieu d’un an. Bref, elles sont perdantes quand elles choisissent de ne pas interrompre leur activité. Trois ans après la loi, le nombre moyen de trimestres validés au titre de la MDA est passé de 8,7 à 7,9 trimestres par femme.

En 2009, la MDA a été remise en cause pour les femmes du régime général, au nom de l’égalité. Avant, les mères avaient droit à une MDA de 2 ans par enfant, une mesure qui atténuait les inégalités, en particulier dans le privé où elles sont plus fortes. Des négociations syndicales ont limité les dégâts. Depuis 2010, les mères ne bénéficient que d’une année de majoration par enfant, la majoration maternelle. L’attribution de la seconde année, la majoration d’éducation, peut aller au père ou à la mère.

Les hommes peuvent dire… un petit merci :

Les dispositifs « positifs », négociés pour atténuer les effets négatifs des réformes, bénéficient surtout aux hommes.

"Départ anticipé pour carrière longue" : 625 000 personnes (entre 2004 et 2010) ont bénéficié de dispositifs permettant de partir en retraite avant l’âge légal. 79 % d’entre elles sont des hommes.

En 2012, les mesures adoptées par le gouvernement Ayrault ont instauré une possibilité de départ à 60 ans pour les carrières longues, avec des conditions très restrictives. Encore une fois, elles ont essentiellement concerné les hommes. De même que les possibilités de rachat des trimestres d’assurance au titre des études.

Le "dispositif de surcote", qui augmente les pensions quand la durée de cotisation dépasse celle exigée pour le taux plein, profite à 58 % aux hommes.

En faisant nos petits comptes…

Parmi les personnes ayant liquidé leur retraite en 2008 (en moyenne) :

  • Les femmes ont validé 149 trimestres, contre 160 pour les hommes,
  • 60 % des femmes ont validé une carrière complète, contre 77 % des hommes.
  • L’âge moyen de départ des femmes est supérieur de 1,4 an à celui des hommes (60,7 ans contre 59,4)
  • Leur pension de droit direct représente 65 % de celle des hommes (1022 € contre 1566 €),
  • Leur pension totale représente 69,4% de celle des hommes (1137 € contre 1637 €),
  • Du fait de la faiblesse de leur pension, 45 % des femmes les voient portées au minimum contributif (régime général) ou garanti (fonction publique) contre 15 % des hommes,
  • 9 % des femmes et 6 % des hommes ont été concernés par la décote. Les femmes subissent une décote plus importante avec 12 trimestres contre 9 pour les hommes.
  • 24 % des hommes et 7 % des femmes bénéficient du départ anticipé pour carrières longues. Dans les générations qui partent actuellement, les hommes représentent 75 % des départs en retraite anticipés pour carrière longue, et 58 % des bénéficiaires du dispositif de surcote, alors qu’ils représentent la moitié des départs en retraite.
  • 38 % des femmes et 15 % des hommes on attendu 65 ans pour liquider leur retraite (génération née en 1943).
Vie privée, vie pas chic !

Les inégalités de pensions sont plus fortes dans le privé et dans les régimes complémentaires : la pension Agirc des femmes représente 40% de celle des hommes. Ce chiffre est de 57% pour la pension Arrco8. Ces régimes se caractérisent par une contributivité beaucoup plus forte que dans le régime de base, avec des dispositifs familiaux plus faibles, et sans équivalent du minimum contributif dans le régime Arrco.

Et c’est pas prêt de s’arranger…

Les mesures adoptées depuis 1993 entrainent la baisse inexorable des pensions et aggravent les inégalités. L’inversion « hypothétique » de cet écart ne concernerait que la génération qui partira à la retraite en 2042 !

Les inégalités de salaire, qui ont cessé de se réduire, seront la cause principale des inégalités des pensions de demain. Depuis les années 1980, les femmes travaillent de plus en plus en temps partiel (15 % à la fin des années 1990, 30 % depuis). Le taux d’emploi des femmes à temps complet a cessé de progresser. La montée du chômage et de la précarité réduit leurs pensions.

On se marie de moins en moins. Les retraitéEs de demain ne seront plus essentiellement des couples ou des veufs. Célibataires, divorcéEs ou séparéEs seront beaucoup plus nombreux. Or la pension de réversion représentait, en 2008, environ 25 % de l’ensemble des pensions des femmes de plus de 65 ans, contre 1 % pour les hommes. Nous devons améliorer les droits propres d’accès à une pension suffisante pour les femmes !

Un vieux modèle ringard :

Notre système de retraites repose sur l’idée de l’homme « gagne pain » qui bénéficie de droits directs, et de la femme au foyer qui bénéficie de droits dérivés. Il a évidemment évolué pour intégrer des dispositifs familiaux qui compensent (insuffisamment) les inégalités professionnelles, mais la division sexuelle des tâches perdure et reste très néfaste aux femmes. De leur côté, les droits dérivés les condamnent à la dépendance, comme par exemple l’impossibilité de quitter un conjoint violent.

Un plus grand investissement des hommes dans le travail domestique, moins de temps de travail et de meilleures pensions pour toutes et tous, voilà ce que nous voulons !

Les réformes de retraite menées depuis 30 ans, dictées par la troïka libérale (FMI, Banque mondiale, Commission européenne) ne cessent de s’en prendre au système par répartition, en favorisant le développement d’une protection sociale via le secteur privé et la privatisation des pensions. C’est d’ailleurs déjà le cas pour la Sécurité sociale, dont on voit baisser le remboursement des soins courants et monter la part des assurances complémentaires.

Résultat : la nouvelle génération mise sur des stratégies individuelles d’épargne en prenant une assurance individuelle, au lieu de se reposer sur notre système de solidarité.

On récapitule :

L’allongement de la durée de cotisation et le passage des 10 aux 25 meilleures années de salaires pour le calcul de la pension sont plus particulièrement néfastes aux carrières courtes, et donc aux femmes.

S’ajoute à cela la baisse des mécanismes de solidarité (majorations liées à la prise en charge des enfants, dispositifs familiaux, minimum de pension, réversion etc.) qui avaient l’avantage d’atténuer les effets des inégalités professionnelles.

Ces dispositifs accordés au titre des enfants posent évidemment un dilemme aux féministes, puisqu’elles enferment les femmes dans le rôle de mère. Certains de ces droits sont réservés au parent qui diminue ou cesse son activité professionnelle pendant les premières années des enfants (AVPF, MDA dans la fonction publique). Ce sont, dans l’écrasante majorité, les mères qui sont concernées, voire incitées à fragiliser leurs carrières pour toucher ces aides. Ces derniers ne compensent d’ailleurs que faiblement les inégalités.

Pour ce qui est du salaire annuel pris en compte pour calculer la pension dans le régime général (aujourd’hui basé sur la moyenne des 25 meilleures années), il faut revenir aux 10 meilleures années, voire fixer un nombre, non pas absolu, mais relatif au nombre d’années de carrière concrètement réalisées.

Exemple : si on prend une durée de carrière exigée de 40 ans (chiffre rond pour faciliter le calcul), les 10 meilleures années représentent le quart de la carrière. Il serait donc équitable de retenir, comme règle, le salaire moyen sur la base d’un nombre d’années égal à 25 % du nombre d’années cotisées. Pour une carrière de 20 ans, le calcul se ferait sur les 5 meilleures années.

Le système de décote doit être supprimé. Il faut revenir à une durée de carrière réalisable par la plupart des salariéEs. Les femmes sont plus souvent en chômage non indemnisé, ou en inactivité (prise en charge d’enfant, petits enfants ou parents dépendants). Allonger la durée de cotisation, c’est préférer financer des minima sociaux ou des indemnités de chômage plutôt que des pensions !

Les jeunes générations arriveront de moins en moins à obtenir cette durée de carrière complète, surtout les femmes. La durée de cotisation doit logiquement diminuer pour converger avec la durée moyenne de vie active constatée.

« Il est normal de travailler plus longtemps, car on vit plus vieux »

ps

Ce discours n’a pas de sens. On remarque une entrée de plus en plus tardive des jeunes dans le marché du travail (allongement de la durée des études, difficultés d’insertion et chômage) qui raccourcissent de fait la longueur des carrières.

Le nombre moyen de trimestres validés à 30 ans a baissé en passant de 38 trimestres pour la génération de 1950, à 30 pour la génération de 1970. Pour autant, la durée exigée est aujourd’hui de 166 trimestres. Si on prend l’option la plus optimiste (un sujet qui travaille à partir de 30 ans, sans interruption), le besoin de 136 trimestres supplémentaires équivaut à 34 ans de travail. Notre sujet devra donc travailler jusqu’à 64 ans.

Et encore, ce scénario est trop optimiste. Seule une minorité de salariéEs travaille aujourd’hui à temps plein sans interruption (11,7 % des hommes et 6,3 % des femmes dans le privé). La moitié des personnes ne travaillent plus au moment de liquider leur retraite (chômage, surtout pour les femmes ; préretraite ; invalidité ou inactivité).

Améliorer la prise en compte du temps-partiel (en attendant de l’abattre) :

Les effets négatifs du temps partiel ont été réduits par la règle qui permet de valider un trimestre en contrepartie de 200 heures au SMIC (une mesure qu’on peut encore améliorer).

Néanmoins, le temps partiel reste très pénalisant puisque la pension est calculée sur la base des salaires perçus. Souvent imposé par les employeurs, le temps partiel leur permet d’ajuster la présence de la main d’œuvre aux fluctuations de l’activité (ex. la grande distribution ou le commerce) ou aux besoins des donneurs d’ordre (ex. secteur du nettoyage en entreprise). Il leur permet surtout de ne pas la payer le reste du temps. Instaurons une sur-cotisation sociale des patrons sur l’emploi à temps partiel (cotisation équivalente au temps plein) pour les dés-inciter.

Montant minimum de pension, pour vivre dignement :

Les pensions des femmes sont souvent rehaussées par le minimum contributif (régime général) ou minimum garanti (fonction publique).

La loi de 2003 a fixé l’objectif d’atteindre un montant de retraite égal à 85 % du SMIC net pour les nouveaux retraitéEs au minimum contributif. Pour nous, aucune retraite ne doit être inférieure au SMIC net pour une carrière complète ! Le minimum contributif doit être porté au niveau du SMIC. Enfin, il faut refuser toute mesure qui sous-indexeraitles pensions. (ex, si l’inflation est de 2 %, les pensions ne sont revalorisées que de 1%, ce qui baisse le pouvoir d’achat des retraitéEs).

Côté dispositifs familiaux, la bonification de pension de 10 %, accordée aux parents de trois enfants, est doublement injuste. Calculée au prorata de la pension, elle rapporte plus aux hommes qu’aux femmes, alors que ce sont essentiellement les femmes qui sont pénalisées par l’éducation des enfants. Avec un coût global de 5,7 milliards, ce dispositif rapporte deux fois plus aux pères qu’aux mères.

Il faut réfléchir à un forfait égal attribué pour chaque enfant, sans se restreindre aux parents de trois enfants, et transformer le congé parental pour le soumettre progressivement à des conditions de partage des tâches entre les deux parents.

Ce sont les femmes qui suent le plus fort :

La prise en compte de la pénibilité pour les conditions d’accès à la retraite est un dossier brûlant, d’où la lenteur des négociations interprofessionnelles sur ce sujet.

Selon l’enquête SUMER (surveillance médicale des expositions aux risques professionnels) de 2003 et de 2010, les femmes sont « majoritairement affectées par les troubles musculo­squelettiques » et plus exposées aux risques psycho-sociaux au travail.

Selon l’étude du Conseil économique, social et environnemental « Femmes et précarité » de mars 2013: « les risques les plus souvent associés au travail dans les représentations sociales traditionnelles – efforts physiques intenses, expositions au bruit, aux intempéries, aux produits nocifs – concernent majoritairement les hommes. Les conditions de travail de nombreuses femmes sont autant marquées par la pénibilité physique ou mentale : postures contraignantes, gestes répétitifs, fond sonore permanent d’un niveau trop élevé, tâches morcelées, manque d’autonomie ou de latitude décisionnelle. Toutefois cette pénibilité reste largement occultée. »

Si l’espérance de vie augmente, l’espérance de vie sans incapacité se réduit, et même plus vite pour les femmes. Les années de travail les plus dures sont les 5 à 10 dernières années de la vie active. Aussi, les meilleures années de retraite sont les premières (entre 60 et 65 ans). Deux bonnes raisons de revenir à la retraite à 60 ans à taux plein !

De quoi vivent nos retraites ?

Le contenu des caisses de retraite provient des cotisations prélevées sur les salaires. Le nombre de personnes actives qui cotisent est donc un paramètre primordial pour la santé de nos caisses et de notre système. L’Insee, suivie du COR, ne prévoient que des hypothèses très conservatrices, voire régressives, vis-à-vis de l’emploi des femmes : aucune hausse de leur activité, sauf ponctuellement pour les plus de 50 ans, conséquence attendue des réformes passées.

Pourtant, l’activité des femmes ne cesse de progresser. Elle réduit partiellement les inégalités et améliore leur autonomie. Les projections prévoient une baisse du taux de femmes actives, alors qu’il était proche de la parité en 2010 (47,7%), et prévoit qu’il passera à 46,9 % en 2060 !

On a de la marge !

La France ne se classe qu’au 14ème rang européen du taux d’emploi des femmes, loin derrière la Norvège, l’Islande, la Finlande ou la Suède. Le taux d’activité des femmes est aujourd’hui de 84,2 % contre 94,8 % pour les hommes parmi les 25-49 ans en 2010. Il y a donc des marges de progrès non négligeables ! Pourquoi se priver de ce potentiel de cotisantes ?

Si on atteint la parité, l’effectif de population active serait supérieur d’environ 5 % à celui prévu par les scénarios actuels (4,8 % en 2020 et 4,9 % en 2030). L’impact sur les caisses de retraite se traduirait par un accroissement de même ampleurdu volume de cotisations. Si l’activité des femmes et des hommes avait été égale pour le seul régime général en 2012, l’accroissement des cotisations vieillesse aurait bénéficié d’un gain de 3,3 milliards d’euros ! Evaluation à élargir aux autres caisses de retraite, et à projeter aux échéances de 2020 et de 2030, le temps d’atteindre l’égalité.

Notre optimisme n’a rien d’utopique. De très nombreuses femmes souhaitent travailler mais y renoncent ou se contentent de travailler en temps partiel, par manque de crèches par exemple. Ce besoin est estimé à 500 000 places. Encourager le travail féminin, c’est participer non seulement à la relance économique, mais aussi à augmenter les recettes sociales et fiscales.

Les mesures adoptées en matière fiscale (mode d’imposition des couples), familiale (congé parental) et d’égalité professionnelle ou de qualité des emplois influencent forcément le comportement des femmes vis-à-vis de l’emploi. Exemple : en 1994, l’incitation au retour au foyer et la modification de l’allocation parentale d’éducation a provoqué une forte baisse du taux d’activité des mères. Au contraire, développer les crèches et améliorer le congé paternel les inciterait à entrer dans le marché du travail et à y rester.

Le taux de fécondité de 2 enfants par femme en France est souvent vanté, en comparaison avec l’Allemagne (1,4) où les perspectives des retraites sont moins favorables, sans oublier leur pénurie de modes d’accueil des enfants. La disponibilité de places en crèche, l’activité professionnelle des femmes et le taux de fécondité sont donc liés. En ne répondant pas au besoin de places en crèche en France, la problématique risque de se poser et de s’accroitre en France aussi, malgré notre taux de fécondité.

Moins tu payes, plus tu payes !

Le gain sur le volume des cotisations risque d’être réduit, voire annulé, par les prestations de pension versées aux femmes. En vieillissant, les femmes privées de droit direct restent néanmoins bénéficiaires de prestations (pension de réversion pour les veuves, sous condition de ressources ; allocation de solidarité personnes âgées ; allocation aux mères de famille, etc.).

La hausse de l’activité des femmes génèrera aussi un supplément de cotisations à l’assurance-maladie, sans prestation supplémentaire en contrepartie puisque ces femmes bénéficient déjà de la couverture santé de leur mari. De plus, les gains en cotisations sont immédiats, les suppléments de prestations ne seront versés que dans 20, 30 ou 40 ans.

Pour illustrer la mauvaise foi de nos contradicteurs libéraux qui arguent qu’améliorer l’emploi et résorber le chômage permet de mieux financer les retraites, rappelons que résorber le chômage non indemnisé entraînera forcément l’accès à de meilleures pensions, qui auront un coût.

Bref, l’égalité salariale et le travail des femmes, améliore la retraites pour touTEs !

Les salaires des femmes représentent (en équivalent temps plein) 80 % de ceux des hommes, et 75 % sur l’ensemble des salariéEs. Si on atteignait l’égalité salariale, le gain potentiel du côté du  volume de cotisations pourrait aller jusqu’à 13,6%.

En 2010, à la demande de la CGT, la CNAV a évalué l’impact de l’égalisation par le haut des salaires entre les sexes. Le gain par an serait de 11 milliards d’euros (si l’égalité salariale se réalise en 2023) et diminuerait à 5,5 milliards en 2050, puisque l’augmentation des salaires des femmes augmenterait aussi leurs pensions.

Les réformes mises en œuvre depuis 20 ans font porter l’effort financier sur les salariéEs et les retraitéEs, en épargnant les employeurs.

Nous proposons, de notre côté :

ps

  • L’arrêt des politiques d’austérité, pour lutter contre le chômage, une relance d’activités, la satisfaction des besoins sociaux (comme les crèches) et la réduction du temps de travail pour toutes et tous.
  • La retraite à 60 ans à taux plein (suppression de la décote).
  • La revalorisation du SMIC (aucune retraite inférieure au SMIC net pour une carrière complète)
  • L’amélioration de la pension de droit direct des femmes (réduction de la durée de cotisation exigée, à adapter à la durée moyenne de vie active constatée ; calcul du salaire moyen sur la base d’un nombre d’années égal à 25 % du nombre d’années cotisées)
  • L’indexation de la pension et des salaires portés au compte sur le salaire moyen et non sur l’inflation
  • L’instauration d’une sur-cotisation patronale sur l’emploi à temps partiel équivalent à celle sur un temps plein
  • La possibilité de valider une période d’interruption de la vie professionnelle (durée à préciser) pour congé sabbatique, formation, éducation des enfants, etc.
  • Financement : Il doit être basé sur le rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits distribués, ces derniers (notamment les dividendes) devant être soumis à contribution. Egalité salariale, égalisation des taux d’activité des femmes et des hommes.

ps

 

 

 

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8 août 2013 4 08 /08 /août /2013 19:51

En deux articles (les sept dangers du FN - Le FN : ennemi du syndicalisme revendicatif), la CGT dévoile la vraie nature du parti d’extrême droite :

A - LES SEPT DANGERS DU FN

Tout en cherchant à se donner une image proche du peuple, le FN développe une doctrine économique et sociale qui sert les objectifs du Medef. Son programme comporte sept dangers.

1 // La remise en cause des acquis sociaux

Défenseur des « patrons entreprenants », le FN entend « supprimer les contraintes administratives et fiscales superficielles qui pèsent sur la création d’entreprise et l’embauche ». Le code du travail fait assurément partie des contraintes aux yeux d’un FN favorable à la flexibilité du travail, qui s’oppose aux 35 heures et qui juge « désuet » le droit de grève.

2 // La mise en opposition des salariés des secteurs privé et public

Pour mieux s’en prendre aux droits sociaux, le FN jette l’opprobre sur les « agents du public qui bénéficient de privilèges exorbitants ». Cela s’est encore vérifié sur le dossier des retraites alors que son président s’oppose à la retraite à 60 ans pour abaisser les droits de tous les salariés du public comme du privé. Il se prononce pour le développement de formes caritatives de solidarité et la création d’institutions sociales à caractère privé, des concurrentes à la Sécu.

3 // Un discours ségrégationniste pour masquer les vraies causes du chômage

Le FN préconise d’instaurer une « préférence nationale » sur le marché du travail. « Il faut qu’à compétences égales, les emplois soient réservés prioritairement à nos compatriotes ». Ce principe est à l’origine d’une proposition d’impôt sur l’emploi des travailleurs immigrés ou encore de droits sociaux différenciés pour les immigrés. Chômage, déficit de la Sécu, pour le FN, c’est toujours la faute de l’immigré.

4 // Moins pour les ménages à revenus modestes et des cadeaux aux riches

En matière de fiscalité, les mesures préconisées par le FN sont particulièrement régressives. Il promet aux riches et aux entreprises : une réduction de l’impôt sur le revenu, la réduction des droits de succession, la réduction de l’impôt de solidarité sur la fortune avant sa suppression, la suppression des prélèvements sur les plus-values boursières, la baisse de l’impôt sur les sociétés et la suppression de la taxe professionnelle. Autant de cadeaux que le FN propose de faire supporter aux plus modestes par le biais d’une augmentation de la TVA ou des droits de douanes. Et par des coupes sombres dans l’emploi public.

5 // Un repli national qui menace l’emploi

Pour le FN, les gouvernements successifs « ont bradé la souveraineté nationale à l’Europe de Maastricht, ouvrant le pays à la déferlante migratoire et à la concurrence sauvage du mondialisme». Il propose une politique autarcique qui ne peut que provoquer l’appauvrissement de la France et son isolement. La limitation des importations et la hausse des droits de douanes qui pénaliseraient les consommateurs, entraîneraient aussi des mesures de rétorsion de nos partenaires avec des conséquences négatives sur l’emploi.

6 // La fin de toute ambition nationale

Un État fort pour le FN est un État sécuritaire, voire policier. Il propose d’accroître les dépenses militaires et sécuritaires et de construire 100 000 nouvelles places de prison. Cet effort se ferait au détriment des dépenses d’avenir : éducation, formation, équipement public.

7 // Les femmes au foyer

En matière de famille, le parti d’extrême droite développe une vision pétainiste. Il promet d’instaurer un « salaire parental et un statut juridique pour la mère de famille » pour qu’elle se consacre « à l’éducation des enfants ». Il s’oppose à l’Ivg et propose de « réserver les allocations familiales aux familles françaises ».

13 mars 2007

B - LE FN : ENNEMI DU SYNDICALISME REVENDICATIF

Le FN est hostile au syndical revendicatif. En revanche, il cherche à pénétrer le mouvement syndical et créer des syndicats conformistes visant à mobiliser les travailleurs au service du capital. Pour cela, il s’appuie sur les lacunes du système actuel et l’absence d’une véritable démocratie sociale représentative.

Deux exemples montrent bien l’hostilité du FN à l’égard du syndicalisme revendicatif :

•    Le mouvement anti-CPE : Le FN était opposé à ce mouvement. Au lendemain de la réussite de ce mouvement, une publication du FN posait la question suivante : « comment la France peut réussir à se sortir de l’emprise totalitaire des syndicats ».

•    Le FN veut interdire le syndicalisme dans la magistrature ; interdiction qui pourrait être étendue à l’ensemble de la fonction publique. D’ores et déjà, le FN se prononce pour un «service minimum garanti provisoire dans les services publics en attendant la fin effective de leur monopole » (il s’agit, dans l’esprit du FN, des droits syndicaux). Dans cet esprit, le FN envisage « un grand référendum sur les lois du travail » pour « renverser ce système de chantage et de privilèges ». Il envisage aussi une « unification des instances représentatives en une seule : les élus du Comité d’Entreprise. »

Dans la droite ligne de sa stratégie de manipulation, le parti lepéniste prétend que le syndicalisme revendicatif ne défend pas les intérêts des plus démunis, et qualifie le mouvement revendicatif de « déni de démocratie manifeste ».

Le FN prend à son compte toutes les accusations et diffamations à l’encontre des syndicats et en profite pour remettre en cause les acquis sociaux : « la formidable imposture que constitue la propagande des syndicats : le fameux modèle social à la française dont ils sont si fiers est un modèle ultra-déficitaire ! », dit le FN. Démagogiquement, le FN prétend qu’il ne s’opposera pas au doit de grève ; mais il soumet ce droit à de nombreuses conditions qui conduisent en fait à son interdiction. A partir d’une posture légaliste : «  La grève est un droit, le travail aussi », le parti lepéniste affirme que « les piquets de grève illégaux seront interdits ».

La similitude entre ces affirmations et celles de Nicolas Sarkozy met en exergue la perméabilité des positions entre la droite classique et l’extrême droite et les dangers que cela comporte pour la démocratie en générale et particulièrement pour la démocratie sociale.

http://www.visa-isa.org

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