Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

 

 

 

 

 

L'UFICT, le syndicalisme CGT spécifique aux cadres.

Liens

Union départementale CGT de la Marne

http://www.udcgt51.fr/

 

Coordination CGT des services publics territoriaux rémois

http://cgt-services-publics-remois.over-blog.com/ 

 

Syndicat CGT Ville de Charleville-Mézières

http://cgtcarolo.over-blog.com/

 

Syndicat CGT des Agents Territoriaux de la Communauté d'Agglomération Charleville - Mézières / Sedan

http://www.cgtcomagglo08.fr/

 

Syndicat CGT du Conseil général des Ardennes 

http://www.cgtcg08.com/

 

CGT territoriaux Amiens

http://territoriaux-cgt-amiens-metropole.over-blog.com/

 

CGT Finances publiques 51

http://www.financespubliques.cgt.fr/51/

 

Conseiller du salarié 51

http://www.conseillerdusalarie51.fr/

 

Observatoire des Risques PSycho - Sociaux au sein de la Fonction publique territoriale

http://www.observatoiredesrpsauseindelafpt.fr/

 

 

Pour un management alternatif

10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 12:07
D comme DRH et... Dépressif
Jacky Lhoumeau, D comme DRH et... Dépressif, Tatamis, 2013, 419 p., ISBN : 978-2-917617-71-7.
L’ouvrage autobiographique – à visée ouvertement psychanalytique – de Jacky Lhoumeau, dépeint les déboires d’un directeur des ressources humaines (DRH) employé dans une entreprise pharmaceutique – dénommée « le Groupe »1 et passée d’une structure familiale au statut de multinationale – ainsi que les transformations corrélatives des modes de management qui le conduisirent à être victime d’une « psychasthénie ». Travail à charge contre les transformations d’une fonction traditionnellement décrite comme « sociale » par ses tenants, c’est un livre qui contraste fortement avec celui de Jean-Luc Vergne2, autre DRH qui a publié ses mémoires peu de temps après.

 

Jacky Lhoumeau s’attache au long de ces 400 pages à retracer la genèse de ce « burn-out ». Il crayonne dans le même mouvement le portrait d’un ancien « croyant » dans le rôle social de la gestion des ressources humaines (GRH), réalisant son travail de deuil. L’auteur raconte comment il fut pris d’un sentiment de « déchéance », de délabrement psychologique et émotionnel, au point d’envisager le suicide.

 

La trame peut se résumer à cette interrogation : comment cet homme, qui se décrit volontiers comme carriériste, ayant en partie sacrifié sa vie familiale sur l’autel de sa réussite professionnelle, tout occupé à gravir un à un les échelons de son entreprise, a pu connaitre une dépression invalidante, lui faisant perdre (et réévaluer par la même occasion) toutes les qualités qui l’avaient amené à ce rang, au point d’être devenu incapable de travailler ?

 

Entré en 1992 en tant que DRH d’une usine du « Groupe », promu dix ans plus tard dans un poste de DRH de la production pharmaceutique en Europe, rejoignant ce « cercle très fermé des cadres dirigeants », dans un groupe qui grandit de manière exponentielle et qu’il ne reconnait plus (« Est-ce bien de la même entreprise dont je parle ? », p. 40). L’auteur nous décrit ici une brillante carrière, qui a été rapidement stoppée dans son élan. Un conflit entre ses deux patrons envenima la situation, et la transformation des modes de management des « ressources humaines » lui ont fait prendre conscience d’un retournement qui se jouait sans lui (et contre lui). Le coup fatal lui est porté par « l’homme » - ainsi qu’il désigne celui qu’il ne le nomme pas –, un de ses nombreux supérieurs, qui a tenté par tous les moyens de le « vider » de l’entreprise.

 

Concernant la recherche en sciences sociales, on peut tout de même signaler l’ouvrage de Nicolas Fl (...)

 

Malheureusement, les quelques éléments donnés par l’auteur sur son activité professionnelle sont assez vite noyés dans la quête de reconstruction de soi qui est l’alibi de l’ouvrage. De ce point de vue, le récit aurait gagné à être raccourci, afin d’éviter certaines redites et une structure temporelle quelque peu malmenée. La connaissance intime du milieu professionnel – d’un cadre dirigeant, donc un espace relativement clos et rétif à une objectivation, le plus souvent vécue comme une dénonciation3 – aurait pu donner lieu à des descriptions ethnographiques d’un grand intérêt. Entre autres choses : les licenciements collectifs qu’il a dû gérer ne font pas l’objet de traitement extensif, pas plus que les modes de décision ou les stratégies mises en place par l’entreprise dans leur publicisation et leur gestion.

 

On pense ici aux vagues de suicides à France Télécom ou encore à La Poste, entre autres douloureux (...)

 

On peut aussi consulter le blog Desperate RH : http://desperaterh.wordpress.com/. (...)

 

 http://www.rue89.com/2011/07/21/la-methode-lean-le-retour-du-pire-du-travail-a-la-chaine-214971. (...)

 

« Le moment où, personnellement, j’ai remis en question le schéma, c’est quand on est venu mettre e (...)

 

Plus généralement, au travers du récit du harcèlement que l’auteur a subi pendant plusieurs années, c’est un mode de management par l’humiliation et l’épuisement qui est exposé, celui là-même dont l’actualité nous rappelle de manière sordide l’essor contemporain4. Cet ouvrage prend place dans ce qui semble être une crise de la croyance pour certains DRH, qui n’hésitent plus à parler de leur souffrance au travail, ni à dénoncer les nouvelles méthodes inhumaines de « gestion des ressources humaines »5, et qui coïncide avec l’extension, voire la généralisation, de nouvelles méthodes, dites « légères » d’organisation du travail6 (le « Lean Manufacturing »). Dans ces discussions et témoignages, la thématique de l’avant-après est saillante et sert d’axiomatique privilégiée pour dénoncer les conditions actuelles de l’exercice du métier. On ne peut s’empêcher de remarquer que c’est lorsque ces que ces modes de gestion de la main d’œuvre, qu’ils ont grandement contribué à mettre en place, se retournent contre eux7, que les DRH les dénoncent.

Partager cet article
Repost0

commentaires